La Mythologie Viking

C’est une bouteille en verre blanc, banale et anonyme. Une trace d’étiquette arrachée, un goulot piqueté de traces de calcaire, et au culot une couche opaque, sombre, probablement biologique. Vous ne l’auriez pas remarquée, si ce n’était le papier roulé en tube qui repose à l’intérieur, incliné dans une posture d’attente. Le marchand des puces de Saint-Potrez-de-la-Mer, notant votre intérêt, vous fait l’article : une authentique bouteille à la mer de datant des premières années de la marine à vapeur, retrouvée sur la plage non loin de la paillote du glacier, vendue à prix d’ami. Après une hésitation, vous succombez à l’envie de faire le geste que l’histoire attend de vous, et repartez moins riche de 6,85 euros, une bouteille dans votre cabas. 

C’est une matinée paisible et dégagée, ou bien un soir où les nuages dessinent dans le ciel des formes spectaculaires, éclairées par en-dessous des couleurs du couchant. Soudain vient le sentiment de surprendre une image unique et passagère, et l’urgence de la capturer avant qu’elle ne disparaisse. Puis la vérification du résultat sur l'écran de l’appareil, le suspense, parfois un soupir.

Deux jeunes gens marchent ensemble sur le chemin du travail. L’un d’entre eux est bien plus corpulent que la moyenne, le menton de l'autre s'orne d’une petite barbe mal entretenue. Ils se joignent à un flux  de personnes qui se dirigent vers la même tour, où ils vont travailler toute la journée au service d’une organisation tentaculaire et bureaucratique. Ils semblent engoncés dans leurs uniformes professionnels, ont visiblement l'habitude de vêtements moins formels.

Un livre de Walter Scott (1819).

Manuscrit trouvé dans un carton

Parfois, poussé par ses proches, le raconteur d'histoires fait du rangement dans la BardCave. C'est ainsi qu'il est récemment tombé sur deux volumes en format poche, de la collection Folio Junior: le texte intégral d'Ivanhoé, par sir Walter Scott, dans sa traduction du XIXe siècle. Avec illustrations originales à l'intérieur (attention, moustaches) et couverture par John Howe, plus connu pour son travail sur l'œuvre de Tolkien. 

Poussé par la nostalgie et une curiosité malsaine (vais-je le trouver nul ?), j’ai donc relu Ivanhoé, comme un gosse.